Claude Code n’est pas un éditeur avec un chat : c’est un agent qui travaille dans ton dépôt — il lit, il modifie, il lance des commandes — et qui démarre chaque session avec un contexte vide. Comprendre ce point suffit à expliquer la plupart des déceptions du débutant : l’outil fait ce qu’on lui a écrit, pas ce qu’on avait en tête. Voici les bases, dans l’ordre où on les rencontre.
Installer, et vérifier que tout est en place
La méthode que la documentation met en avant est l’installateur natif, pas npm (setup) :
# macOS, Linux, WSL
curl -fsSL https://claude.ai/install.sh | bash
# Windows PowerShell
irm https://claude.ai/install.ps1 | iex
Les installations natives se mettent à jour toutes seules en arrière-plan ; Homebrew, WinGet et les gestionnaires de paquets Linux demandent une mise à jour manuelle. Bon à savoir si tu suis un tutoriel de 2025 : l’installation globale npm n’est plus la voie recommandée.
Côté prérequis : macOS 13+, Windows 10 1809+, Ubuntu 20.04+, Debian 10+ ou Alpine 3.19+, 4 Go de RAM, x64 ou ARM64. Sur Windows, Git for Windows est recommandé — pas obligatoire — pour que l’outil Bash soit disponible ; sans lui, Claude Code passe par PowerShell.
Deux commandes de contrôle avant d’aller plus loin : claude --version, et claude doctor — un
diagnostic en lecture seule, qui ne démarre aucune session, à lancer dès qu’une installation se comporte
bizarrement.
Choisir son mode de permission avant de travailler
C’est la première décision, et celle qui change la relation avec l’outil (modes) :
- default (affiché « Manual ») — il demande avant chaque action sensible.
- acceptEdits — il approuve seul les modifications de fichiers et un ensemble de commandes courantes
(
mkdir,mv,cp,sed…). - plan — il explore le dépôt et te propose une approche avant d’écrire quoi que ce soit. Le réflexe à prendre sur tout changement structurel : on approuve le plan, puis on laisse exécuter.
- dontAsk, bypassPermissions, auto — les plus permissifs,
autofaisant trancher un classifieur à ta place.
Dans une session, Shift+Tab fait défiler les modes. Et depuis les versions récentes, auto est le
mode de démarrage pour les sessions interactives — un bon défaut quand on vient d’installer, un mauvais
si tu apprends sur un dépôt de production.
Les fichiers CLAUDE.md, la vraie mémoire du projet
Chaque session repart avec un contexte vide ; ce qui persiste, ce sont les fichiers CLAUDE.md et la
mémoire automatique que l’outil écrit de lui-même (mémoire).
Quatre portées, chargées du plus large au plus précis :
- la politique gérée (administrateur système) ;
- les instructions utilisateur, dans
~/.claude/CLAUDE.md; - les instructions projet, dans
./CLAUDE.mdou./.claude/CLAUDE.md, versionnées avec le code ; - les instructions locales,
./CLAUDE.local.md, à mettre dans le.gitignore.
/init génère un premier CLAUDE.md — et si le fichier existe déjà, il propose des améliorations au lieu
de l’écraser. Trois règles qui font la différence entre un fichier utile et un fichier décoratif : reste
sous 200 lignes (au-delà, le contexte gonfle et l’adhérence baisse), importe d’autres fichiers avec
@chemin/vers/fichier, et garde en tête que Claude Code lit CLAUDE.md, pas AGENTS.md — la doc
suggère d’ailleurs d’importer AGENTS.md depuis CLAUDE.md si tu utilises déjà ce standard.
Pour vérifier ce qui est réellement chargé, /context affiche les fichiers de mémoire pris en compte, et
/memory permet de les éditer.
Les commandes à connaître tout de suite
Claude Code se pilote depuis une session interactive : cd dans le projet, claude, et la liste complète
s’affiche en tapant / (commandes).
/init— génère ou améliore le fichier de mémoire du projet/context— montre l’occupation du contexte, fichiers de mémoire compris/compact— résume la conversation pour libérer du contexte/clear— repart de zéro, avec les alias /reset et /new/plan— bascule en mode plan avant un gros changement/permissions— règles allow, ask et deny/mcp— serveurs MCP connectés ;/hooks— automatisations du cycle de vie/config— réglages, dont ceux de la portée projet/usage— coût de session et limites du plan, comme /cost et /stats/code-review— vérifie le diff courant ou une PR ; /review en est l’alias
Côté terminal, trois variantes économisent du temps : claude "ta question" démarre avec une demande,
claude -p exécute une requête puis rend la main — parfait pour un script —, et claude -c reprend la
dernière conversation du dossier.
Brancher un serveur MCP
L’intérêt de Claude Code n’est pas seulement d’écrire du code : il peut appeler des outils. Un serveur MCP s’ajoute en ligne de commande (MCP) :
claude mcp add --transport http mon-serveur https://exemple.fr/mcp
Les scopes reprennent la logique des fichiers de configuration : local (toi, ce projet), project
(.mcp.json, partagé avec l’équipe) et user (toi, partout). /mcp gère les connexions et
l’authentification OAuth. Un point de vigilance : les définitions d’outils MCP sont différées par défaut
et consomment du contexte — /context montre ce qui en mange.
Les pièges du débutant
- Utiliser le plan gratuit. Claude Code exige un compte payant : Pro, Max, Team, Enterprise ou Console. C’est la première recherche des débutants, et la réponse est non.
- Avoir
ANTHROPIC_API_KEYdans l’environnement tout en voulant utiliser son abonnement. La clé API prend le pas et facture à l’usage :unset ANTHROPIC_API_KEYpour revenir à l’abonnement. - Confondre PowerShell et CMD sous Windows. L’erreur
The token '&&' is not a valid statement separatorte dit que tu es dans PowerShell ;'irm' is not recognizedque tu es dans CMD. - Confondre fenêtre de contexte pleine et limite d’usage.
/compactcontinue la session en la résumant,/clearrepart de zéro,/usageregarde la facture. - Croire que
CLAUDE.mdinterdit quelque chose. C’est du contexte. Pour interdire, il faut un hook —PreToolUseest là pour ça. - Utiliser une commande retirée.
/vimet/ultraplann’existent plus : le mode plan les remplace.
Si tu veux descendre la facture une fois les bases en main, c’est un autre sujet — j’ai mesuré ce que donnent RTK et Caveman sur la consommation de tokens, et centraliser ses skills est le sujet de Skills Manager. Et si tu te demandes si Claude Code vaut son abonnement, la réponse honnête est dans Claude Code gratuit : non, sauf détour non supporté.
Dans la vidéo, je parcours l’installation, l’interface et les premières tâches, avec les erreurs que je vois revenir le plus souvent.



